Akram Ojjeh, l’homme d’affaires à l’origine du groupe TAG

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Mise à jour le 4 octobre 2026

Fondé dans les années 1970 avec un capital initial de 100 millions de dollars par Akram Ojjeh, le Groupe TAG a financé les projets d’avant-garde et les monoplaces de Formule 1 historiques.

Figure incontournable des relations économiques entre le Moyen-Orient et l’Europe, cet entrepreneur a su convertir des commissions issues de contrats stratégiques en un conglomérat industriel de premier plan. Son parcours illustre la transition entre le monde des grands contrats d’État et l’essor de technologies de pointe appliquées à la compétition automobile.

Qui était Akram Ojjeh et comment s’est-il bâti un empire ?

Akram Ojjeh était un homme d’affaires polyglotte possédant la double nationalité syrienne et saoudienne, né le 21 avril 1917 à Damas et mort le 28 octobre 1991 à Paris dans le 16e arrondissement. Son parcours s’est distingué par une capacité singulière à rapprocher les cercles diplomatiques occidentaux des centres de décision du Golfe.

Sa contribution aux relations franco-saoudiennes lui a valu plusieurs distinctions honorifiques majeures en France. Il a reçu plusieurs distinctions honorifiques en France au cours de sa vie.

Actif ou opération Date ou période Donnée financière ou participation
Création du Groupe TAG Années 1970 100 millions de dollars (capital initial)
Commissions sur les contrats d’armement Années 1970 Au moins 7 % par contrat
Achat du paquebot France 24 octobre 1977 80 millions de francs
Revente du paquebot France 25 juin 1979 77 millions de francs
Participation dans McLaren Depuis les années 1980 15 % du capital

Quelles sont les origines d’Akram Ojjeh ?

Akram Ojjeh a grandi au Moyen-Orient avant de développer un réseau d’affaires international reliant l’Europe, les États-Unis et l’Arabie saoudite. Sa double nationalité syrienne et saoudienne lui a permis de naviguer avec aisance dans les arcanes du commerce bilatéral à une époque charnière marquée par les chocs pétroliers.

Installé en France une grande partie de sa vie, il a maintenu une présence discrète mais influente dans la capitale française. Sa connaissance approfondie des usages culturels et commerciaux des deux régions en a fait un interlocuteur privilégié des gouvernements.

Comment a-t-il fondé le groupe TAG ?

Akram Ojjeh a créé le Groupe TAG (Techniques d’Avant Garde) dans les années 1970 comme une société holding dotée d’un capital social initial de 100 millions de dollars. Cette structure financière avait pour but de canaliser des capitaux vers des secteurs technologiques à forte valeur ajoutée, notamment l’aéronautique, l’ingénierie et les transports.

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Contrairement aux sociétés d’investissement traditionnelles de son époque, TAG a rapidement orienté ses ressources vers des projets d’ingénierie appliquée. Cette démarche a posé les jalons d’un empire qui allait marquer l’industrie des transports et le sport automobile mondial.

Atelier d'ingénierie de pointe illustrant les activités technologiques du groupe TAG fondé par Akram Ojjeh

Quel a été son rôle central dans le marché des ventes d’armes ?

Akram Ojjeh a exercé une influence majeure dans le commerce de défense en tant que conseiller du ministre saoudien de la Défense et intermédiaire clé dans les contrats d’armement entre la France et l’Arabie saoudite. Sa position stratégique au sein de l’appareil décisionnel saoudien facilitait la conclusion de négociations complexes impliquant des technologies militaires sensibles.

Ojjeh apportait la garantie d’une exécution fluide des commandes d’État à État.

Quels étaient ses liens avec l’Arabie saoudite ?

Les liens d’Akram Ojjeh avec le pouvoir saoudien reposaient sur une relation de confiance directe avec le ministre de la Défense de l’époque. Sa maîtrise des dossiers techniques et sa réputation auprès des industriels français faisaient de lui un conseiller indispensable pour moderniser l’équipement militaire du royaume.

Cette proximité avec le sommet de l’État saoudien lui a conféré une légitimité incontournable face aux constructeurs aéronautiques et terrestres français, qui cherchaient à exporter leurs systèmes avancés au Moyen-Orient.

Comment fonctionnaient les commissions sur les contrats d’armement ?

Les commissions perçues par Akram Ojjeh sur les contrats d’armement entre Paris et Riyad s’élevaient à au moins 7 % du montant total des contrats signés. Ces accords de rémunération étaient structurés au début des années 1970 par un accord formel signé avec Hugues de l’Estoile, alors haut responsable au ministère de l’Industrie, réservant une commission de 7 % chacun sur les ventes d’armement de Paris à Riyad.

La SOFRESAY (Société française d’exportation de systèmes avancés) versait ainsi à Akram Ojjeh des commissions d’au moins 7 % du montant des contrats signés entre l’Arabie saoudite et la France. Ces montants substantiels ont constitué le socle financier qui a permis à l’homme d’affaires de diversifier ses avoirs et de lancer le Groupe TAG.

Quels sont les investissements emblématiques associés à sa fortune ?

Les investissements d’Akram Ojjeh ont marqué le patrimoine maritime et la compétition automobile, avec notamment l’acquisition du paquebot France et l’acquisition de 15 % du capital de l’écurie de Formule 1 McLaren par le Groupe TAG. Ces opérations ont transformé un capital issu de l’intermédiation en participations industrielles visibles et prestigieuses.

Le groupe a su investir dans des structures de pointe plutôt que de chercher de simples « bonnes affaires » éphémères sur le marché secondaire. Cet engagement a permis de financer la recherche technologique et le développement de moteurs de course d’exception.

Pourquoi a-t-il acheté le paquebot France ?

Akram Ojjeh a acquis le paquebot France le 24 octobre 1977 pour 80 millions de francs dans le but de préserver ce fleuron du patrimoine maritime alors menacé de démolition. Son projet initial visait à transformer le navire en musée flottant ou en hôtel de prestige amarré au large des côtes.

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Face aux contraintes techniques et d’exploitation, l’homme d’affaires a finalement renoncé à ce projet de reconversion. Il a revendu le navire le 25 juin 1979 pour 77 millions de francs à un armateur norvégien, qui l’a rebaptisé pour lui redonner une carrière de croisière internationale.

Quel est le lien entre le groupe TAG et McLaren ?

Le Groupe TAG est devenu propriétaire de 15 % du capital de l’écurie de Formule 1 McLaren, scellant une alliance déterminante pour l’histoire des sports mécaniques. Ce partenariat ne s’est pas limité à un simple sponsoring financier : TAG a financé le développement d’un moteur turbocompressé d’avant-garde conçu par Porsche pour la compétition.

Cette synergie technologique a permis à McLaren de dominer les championnats du monde dans les années 1980. La collaboration industrielle s’est étendue bien au-delà de la piste, influençant la conception des supercars modernes et l’intégration de groupes motopropulseurs haute performance.

Pièce mécanique de haute performance liée aux investissements automobiles du groupe TAG et de McLaren

Trois distinctions indispensables sur le parcours et l’héritage d’Akram Ojjeh

Pour appréhender l’histoire de cette figure industrielle sans commettre d’erreur d’analyse, il convient de distinguer clairement les faits documentés des confusions populaires qui circulent souvent à son sujet :

  • La distinction générationnelle avec son fils : Akram Ojjeh Junior est né le 6 novembre 1986 de l’union d’Akram Ojjeh et de Nahed Ojjeh. Présent sur les réseaux sociaux et passionné d’automobiles contemporaines, il appartient à une génération différente de celle de son père, dont l’activité portait sur la haute finance et les contrats d’État du XXe siècle.
  • La nature du Groupe TAG : Il ne faut pas réduire TAG à une marque de montres ou à une équipe de course. Dès sa fondation avec un capital de 100 millions de dollars, TAG était une holding financière et industrielle généraliste investie dans l’aéronautique et la recherche appliquée.
  • La réalité financière du paquebot France : L’opération maritime de 1977 à 1979 ne constituait pas une spéculation commerciale profitable, puisque le navire a été acheté 80 millions de francs puis revendu 77 millions de francs deux ans plus tard.

Quelle suite donner à cette lecture pour approfondir l’histoire industrielle du sport automobile ? Consultez l’historique officiel des motorisations TAG turbo en Formule 1 pour comprendre comment les capitaux d’Akram Ojjeh ont révolutionné l’ingénierie des circuits.

Vérifiez dès aujourd’hui les archives de l’écurie McLaren pour retracer les victoires historiques obtenues grâce aux moteurs financés par le Groupe TAG.

Cet article est fourni à titre informatif. Les règles et législations évoluent régulièrement : vérifiez toujours les conditions en vigueur auprès des organismes officiels ou d’un conseiller spécialisé.

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